Giro 2011 : un parcours difficile est-il la clef d’une belle épreuve ?

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Le Tour d’Italie 2011 vient de s’élancer de Turin. Ce qui a retenu l’attention de nombreux observateurs est la difficulté du parcours avec pas moins de sept arrivées au sommet. L’objectif affiché de l’organisation étant de surpasser, à terme, de Tour de France, comme épreuve cycliste majeure.

Pourtant, il convient de s’interroger sur la pertinence d’un tel parcours au regard de l’objectif attendu, la beauté de la course. J’en profiterai pour livrer quelques réflexions sur un certain nombre de coureurs qui participent à cette épreuve. Enfin, la rédaction de cet article intervient le lendemain du tragique décès en course du coureur belge Wouter Weylandt qui rappelle cruellement la dureté du sport cycliste.

Logo du Giro

Un parcours difficile est-il la garantie d’un belle course.

Rien n’est moins sûr serai-je tenté de dire, en tout cas pas au niveau d’un grand tour, qui déjà au niveau de sa durée et de son kilométrage constitue une épreuve particulière.

Les courses par étapes viennent récompenser un coureur complet et constant. Un bon comportement en montagne est un passage obligé pour remporter ce type d’épreuve. A contrario, il suffit d’un mauvais jour sur ce type d’étape pour perdre tout espoir de victoire. C’est pourquoi, la multiplication d’étapes de ce type, va inciter les prétendants à la victoire à la prudence, à calculer finalement, pour ne pas hypothéquer leurs chances de victoire sur un mauvais choix stratégique. Avec la multiplication de ce type d’étapes, l’on risque d’assister à des scenarios de type échappée au long cours de coureurs sans ambition au général et marquage des favoris, d’autant plus que certains d’entre eux seront tentés d’attendre le chrono du dernier jour pour faire la différence, et de garder des réserves en conséquence.

Le fait que les difficultés soient, de surcroît, concentrées lors de la dernière semaine, vont d’autant plus inciter les favoris à ne pas se livrer durant la première partie de l’épreuve.

Cela me fait penser à une époque où l’on multipliait les cols sur les grandes étapes de montagne du Tour et où les coureurs, passaient les premières difficultés au train, pour ne pas affronter avec toute sa dureté un parcours excessivement difficile.

J’espère me tromper, mais je pense que l’on va assister à une course de ce type sur le Giro, où les favoris vont se marquer les premières semaines.

Equipe lampre lors du clm par équipe lors de la première étape. Image sous licence CC par Kla!

Les coureurs : Nibali peut le faire.

Pour la victoire finale, je ne vais pas être très original. Je suivrai toutefois avec intérêt la course de Vincezo Nibali. Le sicilien, vainqueur de la dernière Vuelta et 3eme du dernier Giro, est un coureur qui progresse mois après mois, course après course. Il arrivera très très fort, mentalement et sur le vélo à l’occasion de ce Giro pourrait, à mon avis, dominer Alberto Contador si le madrilène n’est pas au sommet de son art. En effet, Alberto Contador ne m’a pas fait une très forte impression lors de la Flêche wallonne. Certes, il devait être en phase de préparation pour le Giro, mais sur sa classe naturelle, on aurait du le voir plus présent dans le mur d’Huy. Même si le parcours du Giro 2011 est à sa convenance, quand il n’est pas à 100% il peut connaître des jours sans, comme il en a connu sur Paris Nice 2010 par exemple.

Coté français, en plus de Jérôme Pinault qui sera un animateur lors des étapes, je surveillerai avec intérêt les performances de Christophe Le Mevel et John Gradet.

Le breton, à la différence de Contador m’a fait une excellente impression sur la Flêche wallonne, et il vise une place dans les 10 premiers. Leader de la solide formation Garmin-Cervelo, il en a le potentiel, voire de faire mieux si les circonstances de course le permettent.

Autre français que l’on devrait voir à l’aise sur les pentes italiennes, il s’agit de John Gradet. Le vice champion de France de cyclo-cross aime les pentes raides et dures. Les difficultés de cette années sont adaptées à sa morphologie. le fait qu’il y ait peu de chronos sur ces trois semaines seront un autre atout. S’il est bien, une place dans les 10 premiers viendrait récompenser les qualités du grimpeur d’AG2R-La Mondiale.

Yannick, le Docteur ès sport.

>> Image de l’équipe Lampre sous licence CC par Kla!

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